Le mouvement « Nous sommes la solution » a vu le jour depuis 2006. Mais la campagne a réellement commencé en 2011 avec les représentantes des femmes rurales de 5 pays (le Ghana, la Guinée Conakry, le Mali, le Sénégal et le Burkina Faso). Dans ces pays, 12 associations de femmes rurales portent la campagne. Le mouvement nous sommes la solution vise à promouvoir l’agro-écologie « comme une alternative à la sécurité et à la souveraineté alimentaire ».

C’est dans la veine de mieux outiller les membres burkinabé du mouvement « Nous sommes en marche » qu’un atelier de partage et d’information a été organisé le mardi 23 mai 2017 au profit des femmes rurales sur les pratiques agro-écologiques. Elles sont venues des 13 régions du pays pour y participer.

Selon Mme Bacouo Sibiri Dao, coordonnatrice des actions de « Nous sommes la solution » au sein de la Fédération nationale des organisations paysannes (FENOP), l’agro-écologie est « une alternative à la sécurité et à la souveraineté alimentaire ». Plusieurs activités sont ainsi menées au profit des femmes d’où le présent atelier. Des informations seront transmises aux représentantes des différentes associations qui feront le point à la base « pour leur dire que l’agro-écologie, c’est ce qui nous reste pour l’avenir d’abord, de l’agriculture dans la globalité et ensuite pour la survie de l’humanité », relate Mme Dao.

Il s’agit également d’amener les femmes à s’impliquer davantage dans la pratique de l’agro-écologie, surtout dans l’agriculture familiale car elles « sont la solution ». Dans les régions, informe la coordonnatrice des actions de « Nous sommes la solution », des femmes produisent déjà des aliments écologiques dans des champs écoles. Mais la finalité de leurs actions, c’est de pouvoir, « un jour, faire un plaidoyer au niveau national et régional » pour que les gouvernants considère l’agro-écologie dans les politiques de développement.

« Nous sommes en marche » lors de l’atelier de partage et d’information»

Des productrices exerçant dans l’agro-écologie ont démontré l’intérêt et la rentabilité de ce type d’agriculture. C’est le cas de Mariam Ouédraogo, productrice de riz à Bama, une commune de Bobo-Dioulasso : « Nous travaillons avec les fertilisants naturels depuis 3 ans. Ils donnent plus de vitalité à la terre. Cela augmente notre production et le riz est de bonne qualité. En plus, la santé des consommateurs n’est pas en danger parce que nous n’utilisons plus les engrais chimiques ».

Ini Victorine Kam, productrice en agro-écologie depuis 4 ans et animatrice de terrain à Banfora vante également les mérites de cette méthode. Pour leur production, un champ école en jardinage a été divisé en deux parties. L’une avec des produits chimiques et la seconde est agro-écologique. Le résultat après production est parlant : « les vendeuses qui viennent payer préfèrent les récoltes du jardin agro-écologique parce que celles des produits chimiques pourrissent vite ».

Le même constat a été fait par les consommateurs et consommatrices, selon Mme Kam, qui chérissent les produits issus de l’agro-écologie.